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Biblio STEC Dr RISSON

ETAT DES LIEUX DE LA PROPRETE DES BOVINS A L’ENTREE DE L’ABATTOIR

Le document présente les résultats de l’état de propreté de près de 200 000 bovins abattus dans 3 abattoirs en et analyse les facteurs de variation.

La question de la propreté des bovins à l’entrée à l’abattoir est l’objet de discussions au sein de la filière bovine. Pour les professionnels du cuir, la saleté est responsable de défauts de qualité qui leur coûtent cher ; pour les transformateurs les animaux sales sont suspectés d’être la source potentielle de contaminations bactériennes de la chaîne d’abattage et de transformation. Dans le cadre des nouvelles obligations réglementaires et de la responsabilité des différents maillons des filières alimentaires vis à vis de la maîtrise de l’hygiène, la maîtrise de la propreté concerne directement les producteurs de bovins. Aussi la filière a souhaité disposer d’un état des lieux objectif de la situation en matière de propreté des bovins à l’entrée de l’abattoir. L’étude mis en œuvre pour répondre à cette demande comporte deux volets. Le premier a consisté à réaliser un observatoire de la propreté en notant dans 3 abattoirs de 3 bassins de productions différents, l’état de propreté de tous les bovins qui y ont été abattus pendant 1 an. Ces 3 abattoirs étaient situés dans l’Ouest, dans l’Est et dans le Bassin allaitant.

La première étape a consisté à établir une grille de notation, validée par un comité de pilotage professionnel, en 4 classes : 1 propre, 2 quelques salissures, 3 sales -quelques plaques colées, 4 très sales -plaques généralisées. Au sein de la classe 4 les animaux très très sales (recouverts d’une croûte sale ont été également notés spécifiquement. La notation s’est faite par l’examen de deux sites sur l’animal ; le ventre et les cuisses.

Au total 197 969 bovins ont été notés. Cet échantillon comportait 50% de vaches et 41% de Jeunes Bovins. Globalement 75 % des bovins ont été notés propres (1 ou 2, 12 % sales (note 3 et 13% très sales.

L’analyse des données a fait ressortir le rôle des facteurs suivants :

  • la saison : les animaux sont plus propres entre mars et octobre, le mois le plus propre étant juillet, et plus sales entre novembre et février, janvier et février étant les mois les plus sales.
  • la catégorie d’animal : les vaches sont les bovins les plus propres (plus de 80% en 1 et 2 et les bœufs et les JB les plus sales (respectivement 22 et 17% de très sales
  • les effets saisons et catégories sont indépendants la note de propreté est indépendante de l’importance des livraisons faites par un éleveur donné la race a un effet marqué.
  • Les vaches laitières sont nettement plus propres que les vaches allaitantes, ce qui est vraisemblablement un effet des pratiques d’élevage ;
  • chez les Jeunes Bovins les différences raciales s’expliquent a priori plus difficilement. Ce sont les JB Blonds qui sont notés très nettement les plus propres
  • il existe un effet région, et même département. La région "Ouest Sud", constituée de départements du sud de la Bretagne et des Pays de la Loire, est celle qui a livré, vraisemblablement en lien avec des systèmes de production particuliers, une proportion d’animaux sales plus importante que les autres régions.

PROPRETE DES CUIRS DE BOVINS

Identification des principaux facteurs d’élevage en relation avec la propreté des bovins

Suite au précédent travail réalisé en 2004 qui avait permis de réaliser une photographie du niveau de propreté des différents types de gros bovins abattus en France, cette seconde étude menée en 2005 a eu pour objectif d’identifier les principaux facteurs d’élevage expliquant ces variations d’état de propreté. Ce travail a été axé sur les productions de jeunes bovins et vaches de réforme à la fois en races laitières et en races à viande. Il est basé sur des enquêtes menées dans 90 élevages tirés au sort par catégorie, pour moitié parmi ceux ayant livré régulièrement des bovins propres dans les abattoirs en 2004 et pour l’autre moitié parmi ceux ayant fourni fréquemment des bovins sales.

Ces enquêtes ont visé à caractériser par élevage la conduite moyenne des bovins sur leurs derniers mois avant abattage (en centrant le questionnaire sur l’alimentation et le logement des animaux et à relier cette conduite moyenne au niveau de propreté des bovins fournis par ces élevages. Les résultats obtenus sont donc dépendants de l’échantillon enquêté et ne couvrent certainement pas toutes les situations d’élevage de jeunes bovins ou de vaches en France.

Les résultats ont confirmé que l’état de propreté d’un bovin est une composante multifactorielle. Un certain nombre de facteurs sont ressortis comme étant liés positivement ou négativement à la propreté des bovins de ces élevages.

Ceux qui sont associés à des élevages fournissant des bovins sales et qui apparaissent donc comme des facteurs de risque pour le maintien des animaux propres sont :

  • les bâtiments en pente arrière (mis en évidence en production de jeunes bovins
  • le positionnement des abreuvoirs sur les aires de couchage paillées
  • une alimentation à base d’ensilage d’herbe ou d’enrubannage

A l’inverse, des facteurs sont liés à des élevages produisant des bovins propres et se présentent donc comme des situations plus favorables à l’obtention d’animaux propres, il s’agit :

  • des rations sèches (à base de concentrés, de paille ou de foin
  • d’abreuvoirs positionnés sur les zones d’exercice bétonnées ou au niveau de la zone d’alimentation
  • de finition au pâturage pour les vaches

Au-delà du type de bâtiment et des rations utilisées, les résultats de ces enquêtes ont montré également pour les principaux types de bâtiments rencontrés, que l’éleveur joue aussi un rôle sur cet état de propreté par ses interventions sur les aires de couchage et d’exercice. En effet, une diminution de la densité animale dans les cases (plus particulièrement sur l’aire de couchage, une quantité de paille apportée pour la litière plus importante et plus fréquemment, un ccroissement des fréquences de raclage des aires d’exercice et de curage des aires paillées correspondent à une proportion plus élevée d’élevages produisant des animaux propres.

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