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Pathogénie pour l’homme

Toute personne est potentiellement à risque et peut développer une diarrhée, voire un SHU par la suite. Néanmoins, les jeunes de moins de 15 ans (et surtout les jeunes enfants < 5 ans), les personnes âgées (> 65ans) et les personnes ayant pris récemment un traitement antibiotique sont plus susceptibles de développer une microangiopathie thrombotique (e.g. SHU, PTT).

L’infection à STEC peut revêtir plusieurs aspects dont le plus fréquent est la colite hémorragique. Le tableau clinique peut cependant se compliquer d’un syndrome hémolytique et urémique (SHU), particulièrement chez l’enfant et le sujet âgé, ou d’un purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) chez l’adulte.

SHU

Le SHU typique touche surtout l’enfant de moins de 3 ans et survient brutalement après une diarrhée prodromique sanglante dans la majorité des cas. L’apparition du SHU se fait en moyenne une semaine après le début des symptômes digestifs. Deux à 7 % des patients atteints d’une infection intestinale à E. coli O157:H7 développent un SHU. Cette incidence est supérieure chez l’enfant et les personnes âgées. Le SHU typique, ou SHU post-diarrhée, représente environ 90 % des cas de SHU de l’enfant et représente la première cause d’insuffisance rénale du nourrisson. Le pronostic rénal est favorable dans environ les 2/3 des cas. Il correspond à des lésions de microangiopathie thrombotique glomérulaire ou de nécrose corticale. Il est caractérisé par une triade de symptômes associant une anémie hémolytique avec schizocytose, une thrombopénie et une insuffisance rénale aiguë. Une atteinte d’autres organes (pancréas, foie et système nerveux central) est également possible. L’atteinte du système nerveux central est d’ailleurs actuellement la principale cause du décès, Il n’existe pas de traitement spécifique modifiant l’évolution du SHU. Toutefois, la mise en route précoce d’un traitement symptomatique rigoureux a une importance capitale et permet de maintenir actuellement un taux de mortalité inférieur à 5%. Les apports hydroélectrolytiques (par voie orale ou entérale) sont calculés de manière à éviter une déshydratation si l’enfant a encore de la diarrhée et des vomissements, et la surhydratation s’il est anurique. Les apports caloriques et protidiques doivent correspondre à 100 % des quantités recommandées. Si des vomissements, de la diarrhée et des symptômes de colite persistent, une nutrition parentérale est nécessaire. Enfin lorsque l’enfant est anurique, une dialyse est indiquée pour pouvoir apporter une nutrition adéquate sans induire de surcharge volémique.

Colite hémorragique

Principale manifestation clinique de l’infection à Escherichia coli O157:H7, la colite hémorragique est caractérisée par des crampes abdominales, une diarrhée initialement aqueuse puis sanglante chez un patient généralement apyrétique ou subfébrile. La diarrhée sanglante est retrouvée dans 90% des cas diagnostiqués. Des nausées, des vomissements, des céphalées et des frissons ont également été rapportés, mais leur fréquence est plus faible.

La période d’incubation de 2 à 10 jours, est plus longue que celle observée pour les autres diarrhées infectieuses. L’évolution est généralement spontanément favorable (90% des cas) en quelques jours. Il n’existe pas de traitement spécifique en dehors de la suppression des apports alimentaires et de la mise en route d’une nutrition parentérale jusqu’à l’évolution positive de l’état de santé du patient. Le traitement est ainsi symptomatique. A noter que l’utilisation d’antibiotiques reste à ce jour controversée.

PTT

Le PTT touche essentiellement l’adulte. C’est un syndrome caractérisé par une anémie hémolytique microangiopathique, une thrombocytopénie, une fièvre, des troubles neurologiques avec une insuffisance rénale aiguë.

La durée du PTT est habituellement de quelques jours à quelques semaines, mais il peut parfois se prolonger pendant des mois. Quand la maladie progresse, elle peut toucher le système nerveux central et les reins, et leur atteinte est, dans la plupart des cas, la cause principale de la mort. Des signes neurologiques sont observés dans 90 % des cas d’évolution fatale. Il s’agit initialement de modifications du comportement avec confusion, délire et troubles de conscience. Les signes d’atteinte focale associent crises d’épilepsie, hémiparésie, aphasie et anomalies du champ visuel. Ces symptômes neurologiques peuvent fluctuer et se terminer en coma. L’atteinte des vaisseaux myocardiques peut être à l’origine de mort subite chez certains malades.


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