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Qu’est-ce-qu’un STEC ?

Escherichia coli (E. coli) est une bactérie fréquente du tube digestif de l(TM)homme et des animaux à sang chaud. La plupart des souches de E. coli sont sans danger. Certaines souches, cependant, comme les souches entérohémorragiques (ECEH), peuvent être à l(TM)origine de toxi-infections alimentaires (TIA) graves. La transmission à l(TM)homme se fait par la consommation d(TM)aliments contaminés, viande hachée crue ou mal cuite et lait cru par exemple. Son importance pour la santé publique est apparue en 1982, à la suite d(TM)une flambée de TIA aux Etats-Unis d(TM)Amérique. ECEH fabrique des toxines, connues sous le nom de verotoxines ou de toxines de type Shiga en raison de leur ressemblance avec les toxines élaborées par Shigella dysenteriae. ECEH se multiplie dans une fourchette de température de 7°C à 50°C, la température optimale étant de 37°C. Certaines souches de ECEH peuvent se développer dans des aliments acides, jusqu(TM)à pH 4,4, ainsi que dans des aliments dont l(TM)activité de l(TM)eau est au minimum de 0,95. La cuisson détruit ECEH quand toutes les parties de l(TM)aliment atteignent au moins 70°C. Le sérotype O157:H7 de E.coli est le plus important en santé publique ; d(TM)autres sérotypes ont cependant été souvent observés en association avec des cas sporadiques ou des flambées.

Définition

Le genre Escherichia appartient à la famille des Enterobacteriaceae, qui doit son nom à leur isolement fréquent du tube digestif et/ou des fèces des mammifères Les genres constituant cette famille sont des bacilles à Gram négatif, aéroanaérobies facultatifs qui peuvent fermenter les nitrates et qui ne possèdent pas d’oxydase. A noter que les genres Salmonella et Shigella appartiennent également à cette famille. Le genre Escherichia regroupe cinq espèces : E. blattae, E. coli, E. fergusonii, E.hermanii et E. vulneris. Il s’avère important de souligner que les membres d’une même espèce présentent habituellement plus de 70% d’homologie génomique alors qu’entre espèces différentes, l’homologie est inférieure à 60%. Chaque espèce d’Escherichia possède des caractéristiques biochimiques spécifiques, permettant ainsi de les différencier.

Classification des E Coli

  • Les E. coli Entérotoxinogènes (ETEC) majoritairement associés à 2 syndromes cliniques importants, les diarrhées du nourrisson dans les pays en voie de développement et la « fameuse » diarrhée du voyageur. Les ETEC sont définis comme des souches possédant au moins une toxine appartenant soit au groupe des entérotoxines thermostables (ST), soit au groupe des entérotoxines thermolabiles (LT). Ils possèdent également d’autres facteurs de virulence leur permettant de coloniser la muqueuse intestinale.
  • Les E. coli Entéropathogènes (EPEC) sont responsables de diarrhées infantiles. Lors d’infections apparaissent des lésions histopathologiques particulières, appelées lésions d’attachement et effacement (lésions A/E). Ce phénotype est caractérisé par l’effacement des microvillosités intestinales et par l’adhérence intime entre les bactéries et la membrane cytoplasmique des entérocytes. Plusieurs gènes dont le gène eae sont à l’origine de ces lésions ;
  • Les E. coli Entéroaggrégatifs (EAEC) présentent un phénotype d’adhésion aux cellules Hep-2 proche de celui des EPEC mais toutefois différent puisqu’il s’agit d’une adhérence non pas localisée mais diffuse. En revanche, ces souches ne produisent aucune entérotoxine ;
  • Les E. coli Entéroinvasifs (EIEC) sont biochimiquement et génétiquement assez proches de Shigella spp, tout comme leur pathogénie (invasion de l’épithélium intestinal) ;
  • Les E. coli à adhésion diffuse (DAEC) sont responsables de diarrhées et d’infections urinaires. L’expression d’une adhésine fimbriale et d’une protéine de membrane externe confère aux bactéries un phénotype d’adhésion « diffuse », sur les lignées cellulaires en culture.
  • Les E. coli Entérohémorragiques (EHEC) sont à l’origine de troubles plus ou moins sévères allant d’une « simple » diarrhée peu hémorragique à des colites hémorragiques, voire à un Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU) chez l’enfant ou à un Purpura Thrombotique et Thrombocytopenique (PTT) chez l’adulte, pouvant conduire parfois à la mort du patient. Les EHEC, qui sont des souches isolées chez les malades, possèdent typiquement au moins un gène stx (stx1 codant pour la Shiga-toxine 1 [Stx1] ou stx2 codant pour la Shiga-toxine 2 [Stx2]) ainsi que d’autres facteurs de virulence comme le gène eae. L’ensemble des souches d’Escherichia coli possédant au moins un gène stx représente le groupe des STEC [Shiga-toxin-Producing E. coli] (ou VTEC selon l’ancienne dénomination internationale [verotoxin-producing E. coli]). Il est important de souligner qu’en dépit du fait que les STEC soient qualifiés de pathogènes émergents, tous ne sont néanmoins pas pathogènes pour l’homme.

La classification la plus utilisée par les microbiologistes se base sur la détermination :

    • du sérogroupe, identifié par rapport aux antigènes somatiques O. Plus de 180 sérogroupes O de E. coli sont actuellement connus ;
    • du sérotype, identifié au sein du sérogroupe par rapport aux antigènes d’autres structures présentes à la surface des bactéries. Il s’agit essentiellement des antigènes H du flagelle. Cette classification permet d’obtenir, en considérant les trois antigènes O, H et K, plus de 800 000 sérotypes différents. Cependant seulement 2000 sérotypes environ, ont été réellement isolés à ce jour. Parmi ceux-ci, E. coli O157:H7 est le principal sérotype responsable de pathologie chez l’homme. D’autres sérotypes (i.e. O26, O111, O145, O103 et O148) sont à l’origine d’épidémies et impliqués dans des SHU à l’échelon international.

Quelles sont les dernières découvertes sur STEC ?

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